Apartheid en Palestine
par Patrick Lavaud
publié dans le bulletin de Palestine 33

Je me suis rendu en Palestine, entre le 6 et le 12 février 2002, dans le cadre de la 7ème Mission Civile de Protection du Peuple Palestinien. Notre délégation était composée de vingt-cinq membres, dont Jean-Claude Amara, Albert Jacquard, des syndicalistes (de la Confédération Paysanne, de Sud, de la CGT), des militants d'Attac et du mouvement social. Pendant une semaine, nous nous sommes rendu à Jérusalem (Est et Ouest), dans des villes, des villages et des camps de réfugiés en Cisjordanie (Bethléem, Ramallah, El Khader, Ofra, Dheisheh) et dans la bande de Gaza. Nous avons rencontré de nombreux militants israéliens ou palestiniens qui oeuvrent pour la paix, le droit et le justice : Michel Warshawski du Centre d'Information Alternative (AIC), des membres des Femmes en noir, du Mouvement des Objecteurs de Conscience, du Comité Israélien contre les Démolitions de Maisons (ICAHD) ou encore de l'association israélo-palestinienne Tayouch ; Majid Nassar du Centre Jadal pour la Culture et le Développement, Mustafa Barghouthi, Président du GIPP (Grassroots International Palestine Protection, réseau d'organisations de base pour la protection du peuple palestinien) ou encore des responsables du Centre Palestinien des Droits de l'Homme (PCHR). Nous avons également rencontré des médecins, des journalistes, des juristes, des urbanistes, des paysans, des femmes, des jeunes, des enfants, des maires, des étudiants et le Président de l'Université de Bir Zeit ainsi que Yasser Arafat, bloqué à Ramallah par l'armée israélienne. Nous avons également mené des actions (notamment sur des check-points) et participé à des manifestations pacifistes, notamment à Ramallah, devant les chars israéliens, à proximité de la résidence de Yasser Arafat.

    

Au-delà de notre présence ponctuelle sur le terrain et du " réconfort " que nous apportons, l'utilité fondamentale de ces Missions est de rompre l'isolement des Palestinien(ne)s et de faire connaître en France la gravité et l'injustice de leur situation :
- un système basé sur l'apartheid (contrôles et humiliations quotidiennes, confiscation des terres agricoles, destruction des potentialités économiques, chômage, pauvreté, misère) ;
- une armée d'occupation omniprésente (partout des soldats armés, des camps militaires, des check-points, des contrôles d'identité) ;
- une stratégie d'occupation des sols et de destruction d'une continuité territoriale palestinienne (colonisation effrénée - des villes champignons pouvant accueillir jusqu'à quatre-vingt mille habitants -, encerclement des villes et des villages palestiniens, routes de contournement - interdites aux Palestiniens - permettant de relier les colonies à Israël, maîtrise des points d'eau, destruction de l'environnement).

J'ai aussi profité de ce séjour en Palestine pour rencontrer des acteurs du champs culturel, notamment Suhail Khoury, directeur du Conservatoire National de Musique, et Rania Elias, directrice de Yabous Productions, une association qui soutient des artistes palestiniens et organise plusieurs festivals à Jérusalem et en Palestine. Ces rencontres m'ont permis de finaliser quelques projets pour la prochaine édition des Nuits Atypiques :
- projection du film Promesses - suivi d'un débat - le vendredi 26 juillet au cinéma de Bazas ;
- concerts de deux joueurs de luth de Nazareth, Samir et Wissam Joubran, le lundi 29 juillet à Saint-Pierre-d'Aurillac et le vendredi 2 et samedi 3 août à Langon ;
- concert du groupe A'arass le samedi 3 août ;
- présence de Rania Elias pendant toute la durée du festival ;
- organisation d'un débat, le dimanche 4 août, sur " Quel devenir pour la Palestine ? " avec la participation notamment de Leïla Shahid, Claude et Youssef Abou Samra.