En langue romani, Romano Drom signifie "la route tsigane". Elle nous mène vers la tradition musicale orale des Tsiganes oláhs de Hongrie. Issu de la célèbre formation Ando Drom, le groupe a réalisé son premier album, Déta Dévla, en septembre 1999 en Hongrie. La sortie de son second disque, intitulé ando foro (dans la ville), date de novembre 2001, sous le Label daquí. Il est distribué par Harmonia Mundi. Depuis deux ans, le groupe Romano Drom sillonne les routes, accueilli chaleureusement partout où il se produit, notamment par le public du "Printemps de Bourges", du Festival "1000 year Journey" au Barbican Center à Londres, du Concert Gebouw à Amsterdam ou, plus récemment, à l'occasion des dixièmes Nuits atypiques de Langon. Les chants de Romano Drom, ponctués par des percussions ménagères et des danses fières et endiablées, sont enrichis par diverses rencontres humaines et harmoniques. Les mélodies de leurs chants de danse ou de leurs ballades concilient tradition et compositions actuelles. La guitare, prenant une place de plus en plus importante, s'accompagne du traditionnel pot à lait et des cuillers en bois. Elle invite l'accordéon et la contrebasse dans une musique de plus en plus " world ". Ainsi Romano Drom perpétue la caractéristique des Tsiganes, qui est de toujours s'adapter au monde dans lequel ils vivent, sans pour autant renier leurs origines, mais en les valorisant. Les Oláhs (ils se nomment eux-mêmes ainsi) sont des roms issus de la Roumanie actuelle, et plus particulièrement de la Valachie. Ils exerçaient traditionnellement des métiers aussi divers que l'élevage, la vente de chevaux (Lovars) et le colportage (Tsollars), autant de spécificité qui donnent leur nom à des "corporations" très importantes. Leur venue en Hongrie date de la deuxième moitié du 19ème siècle, période à laquelle l'esclavage fut aboli en Roumanie. Ayant vécu pendant longtemps en marge de la société, ils ont créé leur propre musique. Elle exprime la réalité de la communauté rom en utilisant, dans le chant, un "parlé vrai" se référant à leur vécu et à leur quotidien. La musique des Oláhs, ou Valaques de Hongrie, a longtemps été ignorée des ethnomusicologues jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale et longtemps dénigrée par les musiciens. Elle était donc, jusque dans les années 50-60, réservée à la seule communauté tsigane. Vivant en marge de la société, ils ont créé leur propre musique, essentiellement vocale et percussive, à la fois originale, mais également mêlée d'influences diverses. Nous sommes donc bien loin de l'imagerie des violons tziganes à boutons dorés, des orchestres interprétant une musique de divertissement. Mis à part quelques ustensiles ménagers, comme la cruche en fer, les cuillers en bois, le pétrin ou tous autres accessoires de percussion, ils n'utilisent pas d'instruments. L'outil primordial est la voix. A côté des chants mélodiques, leur spécificité est l'imitation des basses avec la bouche. Le szájbögözés et le pergetés (roulements, onomatopées ou bouts de phrases utilisées dans les airs de danse) remplacent les instruments habituels. Depuis les années 60, les jeunes Tsiganes introduisent la guitare, parfois la mandoline ou le tembura, empruntés à la musique des Balkans, afin d'apporter des éléments mélodiques. De nombreux groupes se formèrent dans les années 70 essentiellement mus par la revendication de leur identité culturelle. Le premier groupe à s'être rendu célèbre dans les années 80 est Kalyi Jag, grâce à des enregistrements réalisés dans la maison de disque d'état, Hungaroton. Puis vint l'avènement d'Ando Drom dans les années 90. Issu de ce dernier groupe, Romano Drom est fier de pouvoir transmettre la culture des Tsiganes Oláhs, tout en la faisant évoluer vers une musique particulièrement dans l'instrumentation plus actuelle et plus proche de la vie de ses contemporains. Grâce à un intérêt croissant pour la musique tsigane, ils ont su ainsi rendre ce style de musique plus populaire. Peut-on encore le qualifier "d'authentique" ? Cela n'a plus aucun sens. Il faut cependant remarquer qu'elle est de plus en plus urbaine, et certainement en pleine mutation. Pour Romano Drom, la force de la musique traditionnelle des Tsiganes oláhs, tient dans ses voix et ses jeux vocaux. Il semble par contre incontournable que son évolution passe par le développement de son instrumentalisation et une ouverture d'esprit, capable d'intégrer de nouvelles couleurs sonores. Habitants d'une grande ville, Budapest, au confluent de l'Est et de l'Ouest, leurs inspirations sont multiples et variées. Grâce à leur métier de musiciens ils se retrouvent de nouveau sur les routes tout comme leurs ancêtres. Nomades du XXIème siècle, ils ramènent de leurs voyages de nouveaux parfums sonores et musicaux. Anti (Antal Kovács Jr) Guitare solo et d' accompagnement, chant, cruche, derbuka, cuillers. Il commence la musique à l'âge de 10 ans, au sein d'un groupe d'enfants, qui deviendra par la suite Ando Drom. Il passe successivement de la danse, à la mandoline, au chant, au tambura puis à la guitare. Fondateur du groupe avec son père, c'est lui qui réalise les arrangements, compose paroles et musique de Romano Drom. Il s'approprie des mélodies Tsollars, Lovars, Béash que roumaines, pour créer un répertoire original et personnel. Un répertoire influencé aussi par sa passion pour la musique espagnole et son intérêt pour la musique arabe ou même le Jazz. Gojma (Antal Kovác) Chant, cuillers, danse Sa voix rauque, unique en son genre, transmet la manière traditionnelle de chanter propre aux Tsiganes Oláhs. Tout comme son grand-père et son père, il est aussi reconnu comme un très grand danseur. Joco (József Balogh) Chant, guitare. Il a commencé par jouer de la musique en solitaire, attendant, selon ses propres mots, le groupe novateur lui convenant parfaitement. Sa rencontre avec Anti fut donc l'aboutissement d'un rêve et le début d'une chaleureuse collaboration. Csika (Zsigmond Rafae ) Cruche en aluminium, contrebasse vocale, danse. Ami d'enfance d'Anti, il joue de la cruche, utilise des onomatopées, appelées "contrebasse vocale", une particularité des Tsiganes Oláhs et interprète notamment la danse traditionnelle du bâton. Laci (László Molnár) Contrebasse Tsigane Romungro (principalement des familles de musiciens), il produit, à l'aide de sa contrebasse, le swing répondant aux contretemps de la cruche. Zoli (Zoltán Orosz) Accordéon. Il est considéré comme l'un des plus grands accordéonistes de Hongrie. Il accompagne aussi bien les chanteurs populaires hongrois que la chanson française. Avec une grande complicité, il créé le complément mélodique aux soli d'Anti. Kornél Horváth Oudou, checkere, bongo, tamburin, instruments à effets. Maître en percussions, musicien de studio recherché, il est célèbre, entre autre, pour ses formations ethno-Jazz. Il joue avec autant de facilité du bongo, oudou, gatham, chekere que des congas. Il utilise également toutes sortes de bruitages. 1. Szátélé
Zsáv 4'12 "J'erre dans les rues" Chant traditionnel Tsollar 2. Ando Foro 3'15
" Dans la ville" Musique traditionnelle, paroles Antal Kovács Jr 3. Kánák Rátyi
2'57 " Quand le soir" Musique traditionnelle Béash, paroles Antal Kovács
Jr 4. Kon ka mel pé
2'17 "Ceux qui s'aiment" Chants traditionnels Ceux qui s'aiment et ne peuvent
pas être l'un à l'autre Notes : On retrouve ici une forme traditionnelle de chants dans lesquels les diverses strophes n'ont pas de rapport les unes avec les autres, mais sont plutôt des joutes verbales improvisées entre les personnes. 5. Kánák tu térnyi szánász 4'32 " Quand tu étais jeune" Paroles et musique Antal Kovács Jr "Quand tu
étais jeune, il n'y avait pas de plus belle fille que toi. 6. Té szi tuké 2'24 "Si tu as " Chants traditionnels Ne m'embrasses pas
sur la bouche 7. Ustyi Tété
4'37 " Lève-toi mon père" Paroles et musique Antal Kovács Jr 8. Bulhoj kádo páji 3.43 " La rivière est large" Chant traditionnel La rivière est
large 9. Pujári szomász 3'39 "J'étais un dur" Paroles et musique Antal Kovács Jr J'étais un dur,
un beau jeune gars Je maudis cette heure malheureuse Tu m'as tout pris, il ne me reste
plus rien 10. Párástuné 3'20 " Vendredi " Paroles et musique Antal Kovács Jr Vendredi soir je pars faire la
fête avec les copains, 11. Dél o brisind 4'05 " Il pleut" Paroles et musique Antal Kovács Jr Il pleut, le ciel
gronde et le vent souffle 12. Lina 5'25
"Lina" Chant traditionnel 13. Déta Dévla 4'47 " Dieu donne-moi" Chant traditionnel Dieu, donne-moi une bonne pluie - Tous arrangements et instrumentalisation : Antal Kovács Jr Contact
: Marina Pommier
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