Samir Joubran est né
à Nazareth en Galilée en 1973, dans une famille de grande tradition
musicale. Son père, Hatem, est un fabricant de 'Oud connu dans le monde
arabe et sa mère a chanté dans un ensemble Muashahat.
Samir a été initié au 'Oud par son père dès l'âge de cinq ans, avant
d'entrer à l'Institut de Musique de Nazareth lorsqu'il avait neuf ans. En
1995, Samir a terminé ses études au Conservatoire Muhammad Abudl Wahhab
du Caire, un établissement spécialisé dans le Oud,
particulièrement renommée dans le monde arabe.
Samir Joubran a participé à un certain nombre d'ateliers et
de séminaires musicaux dans plusieurs pays arabes et européens. Par
ailleurs, il a donné des cours de 'Oud dans de nombreuses écoles et
instituts.
Samir a joué dans plusieurs festivals de musique arabes et
internationaux, soit en solo, soit avec son groupe. Sa musique a retenti
dans plusieurs lieux renommés tels que l'Opéra du Caire, le Festival
International de Jarash en Jordanie, le Festival Muscat d'Oman, la Semaine
palestinienne de Qatar ainsi qu'en France, en Grande Bretagne, en Suède,
en Italie aux Etats-Unis et au Canada.
De plus, Samir a donné un certain nombre de représentations
originales en compagnie du poète palestinien mondialement connu, Mahmmoud
Darwish, lors d'événements tels que le Festival du Printemps de la
Palestine en France en 1996.
En dehors de la scène, Samir a composé la musique de plusieurs
productions théâtrales et de films palestiniens. En 1996, Samir a sorti
son premier album, "Taqaseem". Un deuxième "Sou Fahim"
a suivi en 2001.
Samir Joubran est le premier musicien à avoir reçu une
bourse de deux ans à Italy Pontedera, grâce au Programme d'asile des
écrivains organisé par le Parlement International des Ecrivains pour les
années 2003-2004.
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Wissam Joubran est
né à Nazareth en Galilée en 1983 dans une famille de grande tradition
musicale. Wissam a été initié au 'Oud dès son plus jeune âge par son
frère Samir Joubran et il a participé à de nombreux festivals locaux et
internationaux, dont le Printemps de Palestine en France en 1997.
Malgré son jeune âge, Wissam a acquis une grande expérience du 'Oud et
du théâtre. Wissam a un don remarquable pour l'improvisation et pour les
transitions intelligentes et harmonieuses entre les Maqamat arabes.
Par ailleurs, Wissam est un fabricant professionnel de 'Oud. Il a hérité
cette vocation de son père. Pour enrichir ses connaissances dans ce
domaine, il est actuellement inscrit à l'Institut Antonio Stradivari en
Italie pour devenir maître luthier.
Qui trahit qui ? Est-ce le Rast cynique qui s'insinue dans le corps de ce
morceau qui fait appel à un mélange de Maqamat pour offrir une variété
de rythmes ? Ou est-ce justement ce mélange qui fait appel au Rast comme
élément complémentaire dans une mosaïque ? Quoi qu'il en soit, ce
morceau témoigne, de façon joyeuse et élégante, de la beauté du
mélange homogène de Maqamat. Il fait également preuve d'un certain
humour dans la sélection de phrases musicales liées au Maqam précédant
et suivant.
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2. Tamaas
L'absence d'intervalles de silence et le recours traditionnel à un seul
Maqam constituent des éléments distinctifs de la musique arabe
classique. Ce morceau se distingue en s'éloignant de ces traditions. Il
aborde le Maqam de façon éclectique, fusionnant les caractères
différents des Maqamat pour se différencier et affirmer sa propre
individualité. En même temps, il définit un espace de silence dans le
cadre de la composition qui s'unit aux autres composants pour former le
texte musical dans son ensemble. Ces intervalles de silence permettent à
ceux qui écoutent d'apporter leurs propres sentiments et spécificités
culturelles et de les intégrer aux caractéristiques du texte musical.
Ainsi, ce texte ouvert devient source d'impressions et de lectures qui
varient d'une personne à l'autre.
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3. Tanaas
Une référence au patrimoine populaire de la Palestine à travers une
interprétation consciemment instrumentale d'une chanson populaire de la
ville de Nazareth, " Athab al Jammalo Qalbi " (Le chamelier m'a
torturé le cœur). C'est ainsi que se réalise la dichotomie de
l'intégration et de la rupture - l'intégration en tant qu'expression de
l'esthétisme d'un art vocal basé sur des paroles, et la rupture par
l'extradition de cette phrase vers un monde plus large, lui conférant de
nouvelles dimensions et l'intégrant dans le contexte d'une musique
interprétée pour sa valeur intrinsèque, libérée de l'ombre jetée par
la parole et le son.
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4. Sama'e Bayat
Ce morceau classique présente une série de Maqamat au cours d'un
voyage de Bayat maqam - le Maqam de base - à d'autres offrant des
personnalités variées. Ce qu'il y a d'exquis dans al Sama'i, c'est sa
capacité à montrer dans le détail le caractère de Maqamat tels que al
Saba, al Hijaz et al Rast, tout en restant dans la sphère de al Bayat.
Ainsi, le voyage devient une affirmation de la souplesse du patrimoine
magnifique du Bayat Maqam. Les Taqasim qui suivent affirment le rôle de
Rukooz maqam en tant qu'incitation à la création et comme point de
départ menant vers des improvisations liées au texte musical par des
fils explicites et implicites.
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5. Khalaas
La musique de l'église Byzantine constitue un patrimoine essentiel
pour le moyen orient ainsi que l'une des racines profondes de la musique
arabe moderne. Ce morceau témoigne de l'influence de cette musique sur
notre musique arabe. En substance, il fait appel aux ambiances du Vendredi
Saint en tant que concept du Salut après la crucifixion. Il s'agit d'une
vision d'un Salut final pour tous les peuples souffrant de l'occupation et
de l'oppression. L'ambiance des Taqasim qui suivent ce morceau est celle
du morceau lui même. C'est ainsi que l'improvisation devient
l'internalisation de la forme et de la substance du monde.
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6. Taqaseem
Malgré l'élan qui dicte le rythme des phrases et les divers schémas qui
régissent la manifestation de ces phrases, les Taqasim témoignent de la
présence des Maqamat dans l'esprit de l'artiste, ainsi que de son emprise
ferme sur ces Maqamat et de la façon dont il les a intériorisés. Les
Taqasim à deux constituent un transfert de l'ambiance de l'improvisation
individuelle vers un contexte plus complexe, sensible et harmonieux. Cet
acte et cet état d'improvisation deviennent un dialogue avec l'autre, la
reconnaissance de sa présence et le respect de son altérité. Le voyage
de al Nahawand à al Nahawand constitue une perturbation de l'état
d'équilibre imposé par le départ du Maqam principal. De plus, il offre
le retour final vers cet état, exprimant le profond besoin de Salut de
tout être humain confronté à des perturbations. Il est possible qu'il
exprime aussi le désir de tout humain d'atteindre un état d'équilibre
éternel.
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7. Ramallah August 10
Ce morceau montre les impressions de Samir Joubran à la suite de
l'un des épisodes malheureux vécus par la ville de Ramallah depuis le
début de l'Intifada. L'enregistrement est celui d'une représentation des
frères Joubran pour FIP radio en juillet 2002, dans le cadre du programme
du Festival des Nuits Atypiques à Bordeaux en France. L'improvisation (Taqasim)
qui suit ce morceau établit le lien avec le début de la chanson "
Lama Bada Yatathna " qui dépasse, par son importance et sa
popularité parmi les Arabes, même les chansons nationales. Ici, la voix
de Sameer Joubran contribue à la chaleur de l'interaction entre l'artiste
et son public.
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8. El Nesf El Akhar /Astoria
Ici, les Taqasim explorent le monde du Rast Maqam et mènent le public
vers un état d'enchantement (Tarab) grâce aux improvisations des frères
Joubran jouant ensemble. Cet état d'enchantement (Tarab) mène ensuite
vers la phrase de al Astorius qui est devenu l'une des phrases classiques
du monde de Taqasim. D'un côté, l'intégration de cette phrase affirme
l'inévitabilité de l'interaction entre les cultures orientale et
occidentale tout en soulignant l'importance de la relation archéologique
entre une musique telle que le flamenco et la musique arabe.
Tamas a été enregistré et
mixé en septembre 2002 au studio Sabreen productions, à Jérusalem, sauf
les titres 7 et 8, enregistrés en concert par FIP, le 31 juillet 2002
lors des nuits atypiques de Langon.
Montage et prémastering : CIP Audio - Bordeaux. Conception
graphique : Bailasan - Jérusalem.
Photo de couverture de
l'album : route de la plage, bande de Gaza, 4 mai 2001 - Loïc Le
Loët / Gethepicture loicleloet@hotmail.com.
Cette photo fait partie d'un travail sur la Palestine commencé en 1999.
Photos intérieures et livret : Gérard Blot - nuits atypiques 2002