Dans la presse
   

       

La Dépêche du Midi du 5 avril 2003

Amestoy trio, le fil … à multiplier, la « zique » à  danser

Le Toulousain Jean Luc Amestoy, d’Hasparren (Pays Basque), appartient à la race des gens      discrets, mais efficaces. Et quel talent !
Avant hier, nous l’avions vu jouer en compagnie d’Eric Lareine, amoureux de la belle chanson. Et Jean Luc, déjà, faisait faire à son piano à bretelles des merveilles de pirouettes… Un peu plus tard, les fans de Bernardo Sandoval se régalaient à leur tour en voyant Jean-Luc, caché sous sa longue chevelure, jongler entre tendresse et flamenco-blues-rock. Avec Bernardo, il a aussi participé à l’enregistrement de la musique de films de Manuel Poirier (« Western »), de Mehdi Charef (« Marie Line »). Il n’y a pas si longtemps encore, Jean Luc Amestoy se révélait aux yeux (à l’ ouïe) de milliers de fidèles à la cause des 100 % Collègues qu’il allait rejoindre avec son copain Serge Lopez pour tourner et enregistrer l’album « Motivés ». Parfois aussi, Jean Luc joue les héros… en trio. Et c’est en trio justement qu’il revient aujourd’hui jusqu’à nous : sur scène et sur les bacs des disquaires.
Son album ? Amestoy trio, le fil. Douze morceaux enregistrés avec la complicité de Gilles Carles (guitariste-compositeur- également mixeur et réalisateur du disque de Grabowski), et Nicolas Calvet (tubiste). Encore un disque inclassable pour ceux qui n’écoutent que la musique de variétés. Un disque pourtant d’une grande richesse, né de toutes les aventures qu’a pu connaître Jean-Luc sur les routes de toutes les « ziques » (comme dit Magyd Cherfi) du monde, les musiques populaires et dansantes, entre les valses slaves (tiens, il y a là un heureux anagramme), le folklore gascon et quelques bonnes surprises aux accents méditerranéens. Une musique genre « petite valse de derrière les fagots ». A danser dans tous les sens. Sans la moindre barrière.
(«Amestoy Trio, le fil « CD daquí le label des nuits atypiques de Langon, distribution harmonia mundi).
                                       Bernard Lescure

   

 

Trad Magazine mai-juin 2003
Jean-Luc Amestoy (Pradal, Sandoval, Motivés, 100%Collègues...) au chromatiques touches piano, Nicolas Calvet au tuba et Gilles Carles à la guitare nous proposent ce CD délicieux comme un bonbon à la fois simple et raffiné. Le trio vous prend en effet par la douceur pour vous emmener dans de délicates virées, méditerranéennes au sens très large, swing, tango, samba 5 temps...
daquí, le label lié aux Nuits Atypiques, confirme un bon goût rassurant, déterrant sans cesse des musiciens remarquables de musicalité et d'originalité... Jean-Luc et Gilles signent la plupart des thèmes du disque. Un authentique bijou de poésie musicale !
                                                 Claude Ribouillaut

ô Toulouse du 4 avril 2003

L’univers de Jean Luc Amestoy

Jean Luc Amestoy se nourrit de rencontres. L’accordéoniste a déjà joué avec Bernardo Sandoval, Zebda, Motivés, 100% collègues, Eric Lareine, Vicente Pradal, et les rejoint régulièrement. Autant de bonheurs musicaux partagés avec des artistes devenus amis, membres de familles différentes, qui aiment se côtoyer.
A 39 ans, le fondateur du groupe Amestoy trio n’a jamais regretté dune seconde d’avoir choisi ce métier. La musique m’enrichit perpétuellement, confie-t-il. Les artistes qu je croise ont des influences diverses et des personnalités opposées, mais ils m’apportent tous énormément. Le musicien s’est mis à l’accordéon tardivement : A 28 ans, après 20 ans de piano classique. A la demande de Bernardo Sandoval, il est un jour monté un jour sur scène, sans avoir jamais joué de l’instrument. J’y suis arrivé grâce aux ressemblances avec le piano : c’est la même main droite. La gauche, je l’ai d’abord remplacée par un sourire… Depuis, il n’a plus lâché l’accordéon dont il a appris à jouer en autodidacte. Amestoy trio est né de sa rencontre avec le guitariste Gilles Carles. Encore une connivence musicale qui a abouti à la création. Mais dans ce deuxième album sorti le 28 mars, les morceaux sont beaucoup plus personnels .Les airs de musette manouche ont laissé la place aux compositions des deux amis. « Le fil » offre une musique douce aux influences latines, basques et gasconnes. Jean Luc Amestoy se livre et nous fait partages son univers. des airs simples et enivrants, pas prétentieux, pour laisser le temps aux auditeurs d’entrer peu à peu dans la musique.
                                                    Nadia Saïd


Mondomix papier , hiver 2003/2004

Jean-Luc Amestoy (accordéon), Gilles Carles (guitare) et Nicolas Calvet (tuba), ça sonne comme un orchestre imposant, impeccable, heureux de tourner. Un bonheur communicatif qui plonge l'auditeur dans cette jubilation sonore. Une recette simple pourtant mais trois instruments qui s'entendent, s'écoutent, se convient l'un l'autre entre valses, swing, relents de musette, parfums d'Occitanie... Et musiques populaires, tout simplement. Une musique qui s'est imprégnée de l'histoire, du temps, des mouvements de populations, des rencontres de cultures et qui nous en donne son reflet et son sentiment. Un régal.
                                                                                                                                 Etienne Bours

Accordéon et accordéonistes, juin 2003

Soufflet festif

 Rencontre avec l’accordéoniste de trois combos ensoleillés (Amestoy trio, 100 % Collègues et Mo-ti-vés) et d’une chorale d’amateurs, militante et parisienne (100 % Famille).

En ouverture de l’explosif concert de Zebda sur la scène de l’ Olympia à Paris le 1er Mai, la chorale 100% Famille (de 7 à 73 ans) reprend huit chants révolutionnaires devant un public enthousiaste.
Le reste du temps, Jean- Luc ne chôme pas. Ainsi, au sein de son trio (incluant Gilles Carles à la guitare), il tourne depuis quatre ou cinq ans, « surtout dans le grand sud-ouest ». Il joue également au sein de Motivés (vous savez, la version du chant des Partisans reprise dans les manifs : c’est eux), et de 100% Collègues.
Entretien avec Jean-Luc à la cité de la musique, juste avant l’ultime répétition de la dite chorale.
"Dans 100 % Famille, je retrouve la vertu voyageuse de l’accordéon. Et puis ce nom me parle. On travaille de manière familiale, on se connaît tous, il n’y a pas de hiérarchie, tout se passe dans les discussions et la négociation. Dés le départ, j’ai eu des contacts très chaleureux avec la chorale."

L’album « Le fil » d’Amestoy Trio sonne champêtre apaisant, épuré. C’était une volonté de réaliser un album 100 % acoustique ?
On s’est imposé une limite instrumentale : un tuba, une guitare et un accordéon. Rien d’autre .Avec ça, on a essayé de colorer les morceaux le plus possible.Ca a été beaucoup de boulot car il a fallu trouver de petites formes originales, des choses un peu malicieuses. Après avoir joué des musiques très métissées en compagnie de Zebda et d’autres groupes, on s’est retrouvés avec une musique beaucoup moins exotique. On a creusé ce sillon en puisant dans nos propres racines et pour voir quelles images on pouvait transmettre. Au final, nous sommes vraiment remerciés par l’écoute qu’en ont les gens.

Les Motivés, 100% Collègues et Amestoy Trio dégagent tous une spontanéité, une philosophie de vie positive. Il faut forcément ces éléments là pour qu’un projet t’intéresse ?
On nous dit souvent que l’album du trio est gai, joyeux ou serein. Ce n’est pas évident de dégager quelque chose de positif sans être roublard. On vit quand même dans un monde qui va mal, donc proposer une musique positive n’est pas gratuit .Même si cela ne se ressent pas à la première écoute, on a tous vécu des moments douloureux. Mais justement, pour contrer ça, on essaye d’aller de l’avant : ce principe sous tend d’ailleurs l’histoire de Zebda, des Collègues, etc…

Quels souvenirs gardes tu de la « fête de l’Huma » où les Motivés sont passés en tête d’affiche ?
Les grandes scènes, c’est toujours impressionnant. Ce qui m’a surtout marqué, c’est que lorsque je me baladais dans les allées, un stand sur deux diffusait en boucle le CD des Motivés : incroyable .Et dans les manifs, on entend toujours le CD Motivés. Ce disque a vraiment eu un écho terrible.

A Toulouse avec Zebda and co, comment arrivez vous à concilier musique et militantisme sans rebuter les jeunes ?
C’est justement parce qu’on mêle ces deux univers qu’on arrive à ne pas les rebuter. L’aspect festif et musical emporte l’adhésion du public, et après ça peut l’attirer vers le militantisme.

Te sens-tu plutôt jazz, world ou musette ?
J’ai forgé ma pratique en accompagnant des chanteurs ou d’autres musiciens ; et si le trio porte mon nom, il s’agit encore d’un projet collectif. En matière d’accordéon, je ne suis pas un grand connaisseur. J’essaie de rester naïf par rapport à cet instrument. Je le travaille relativement peu pour que, lorsque j’arrive sur scène, il arrive encore à me surprendre Je répète plutôt au piano .L’accordéon, je ne le vois pas comme un objet de vénération. Une espèce de poumon vide dans lequel passe la musique, qui inspire tout seul et fait circuler les émotions …
                                                                                   Propos recueillis par François Guibert

Le Républicain Lorrain du 13 avril 2003
Le fil est un véritable passeport pour la danse. La musique d'Amestoy Trio (formé de Jean-Luc Amestoy, Gilles Carles et Nicolas Calvet) prend sa source aux origines du musette, un incroyable brassage d'Italiens, d'Allemands, d'Auvergnats. Cette musique populaire, aux nuances méditerrannéene, est l'affaire de trois instruments : accordéon, guitare, tuba. Avec un toucher de corde professionnel, de très longues respirations et des battements de coeur.
                                                                                                                                           G.O.
 

Accordéon Magazine novembre 1999

De AMESTOY à Zebda  L’accordéon à Toulouse  Jean Luc Amestoy : 100% Collègues

Sans vouloir atteindre sa modestie, Jean Luc Amestoy est un accordéoniste incontournable à Toulouse. Accompagnateur de Bernardo Sandoval et de Eric Lareine, complice de 100% Collègues, il dirige depuis peu un trio portant son nom et vient de signer la musique d’une pièce de théâtre pour marionnettes (avec "le clan des songes").

-Tu es pianiste avant d’être accordéoniste, ça a une importance ?
Jean Luc Amestoy : Le piano te donne la carte géographique de la musique et te permet d’avoir des notions harmoniques. Et puis la transposition avec l’accordéon est très facile. Pour moi, ça a été très naturel.

-Tu joues du chromatique piano. Pourquoi pas boutons ?
Parce que je ne sais pas ! C’est un autre métier. La touche piano c’est bien parce que ça limite l’aspect virtuosité et ça amène d’autres couleurs. Ce qui importe, c’est la manière dont la musique parle. les images, vraiment, c’est ce que je cherche. A ce sujet, je dois évoquer le batteur Mino Malan qui m’a emmené non pas vers la virtuosité mais vers l’image.

-Comment l’accordéon est il venu après le piano ?
J’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans et j’en ai aujourd’hui 35.L’accordéon, ça date de 1993. J’ai commencé à en jouer au début de ma collaboration avec le guitariste Bernardo Sandoval. C’est une vedette ici. Je l’écoutais jouer dans les bars et j’entendais de l’accordéon. Pourtant, c’est une base de flamenco et il n’y a pas du tout d’accordéon dans cette musique. Mais ça a aussi évolué vers des musiques sud-américaines. « Sando » m’avait déjà vu dans la formation à laquelle j’appartenais avant (Jacso) et m’avait branché pour jouer du piano. Mais dans les bars, surtout quand on ne veut pas jouer de piano électrique, ce n’est pas facile. Parallèlement, un voisin, un papy (Daniel Rau) m’a prêté son accordéon. C’est avec celui-ci que je joue sur le live de Sandoval, « Vida ». Ensuite, je suis passé sur un Accordiola. Des pianos, il y en a peu dans les bars. Tandis que l’accordéon, c’est facile à sonoriser. C’est très convivial. Tu l’emmènes dans les loges, tu peux jouer avec des guitares. Il s’avère qu’ici, à Toulouse, ça a mieux pris que le piano. Seules des structures importantes peuvent en louer ou en posséder.

-Comment est né ton nouveau trio ?
Quand j’ai arrêté de tourner régulièrement avec Sandoval, je suis parti sur l’idée d’un trio.Ca me plaît d’être au service d’un projet, de faire partie d’une équipe, de savoir se placer dans la musique plutôt que de « choruser » à tout va. Avec Serge Lopez – un frère en musique – et « Sando », il nous était arrivé de tourner avec deux guitares et l’accordéon. J’ai contacté Gilles Carles et Laurent Guitton, tubiste au Didier Labbé quartet (sur scène c’est Nicolas Calvet) .Ensemble, on a enregistré un petit disque l’hiver dernier. Gilles est très actif au niveau des compositions. Il nous apporte ce qui manque souvent aux musiciens qui ont trop le nez sur leur instrument et sur la virtuosité…

-Tuba, accordéon et guitare. C’est une formation insolite…
C’est une idée de Gilles Carles qui s’est aperçu que l’association tuba – guitare marchait bien, parce que c’est une basse acoustique mais aussi un cuivre. Et dans le cuivre il y a toute la mémoire du paso-doble, une voie assez peu explorée sauf dans des contextes ringards. Mais tu peux très bien recréer un paso-doble imaginaire qui n’est pas trop lié à la corrida par exemple.

-Ce trio a fait la première partie de Zebda à la Cigale. De Zebda à 100% Collègues, il n’y a qu’un pas…
Oui, puisque les Collègues partent aussi d’une rencontre dans un bar entre Sandoval et les frangins de Zebda [Mustapha et Hakim Amokrane]. On s’est dit qu’on pourrait se mettre ensemble et on a appelé Marc Dechaumont, alors bassiste de Fly and the tox. Très vite, on a monté un répertoire de chansons kabyles et espagnoles. Après, Magyd, un des trois chanteurs de Zebda, nous a écrit quelques textes. Les Collègues, ça a monté comme une mayonnaise et ça continue à prendre de l’ampleur.

-Quels sont les accordéonistes que tu apprécies à Toulouse ?
Je n’ai pas de culture de l’accordéon. Je connais Rémi Sanchez, bien sur, c’est un copain. Rita Macedo, Didier Dulieux, qui peut t’animer un bal tout seul toute la nuit… Avant de monter le trio, je suis allé voir Michel Macias à Bordeaux, pour lui demander conseil sur le bal car c’était notre idée initiale d’en faire. C’est son métier et il le fait bien. Pendant une après-midi, il m’a expliqué ce qu’était une polka, une mazurka, etc. Mais, ce qu’il m’a raconté, j’en ai fait autre chose car nos expériences dans le domaine ne sont pas concluantes… Macias fait des musiques très voyageuses. Je pensais qu’on ferait quelque chose de comparable mais on s’est plutôt dirigé vers notre mémoire à nous et ça voyage finalement assez peu. Mon univers, c’est le pays basque. Mon oncle y était accordéoniste de bal. J’y passais toutes mes vacances. Quand je me rappelle les musiques de mon enfance, il y a les musiques sud-américaines et beaucoup de mélodies basques.

Autre personnage important pour toi : Eric Lareine ?
Je l’ai rencontré à « l’Hiver à Uzeste », je devais remplacer Mingo Josserand. Deux jours avant, Eric m’appelle. J’étais mort de peur, ça a duré un an ! J’ai mis un moment à comprendre qu’il te fait jouer sur tout ce que tu ne sais pas faire. Tout ce qui est cliché est viré ! J’étais un peu désemparé. Cela s’est résolu lors d’un concert parisien. Je m’y suis mis et c’était parti. C’est un univers très particulier. Lareine, c’est de la chanson française mais il ne faut pas que ça y ressemble ! Quand il chante, il te donne la rythmique avec les consonnes, la prononciation. Mais ce n’est pas un métronome : il prononce les consonnes sur les pulsations de la musique. C’est une souplesse dans les tempi. S’il y a quelque chose que je recherche, c’est bien ça. L’essence de la musique est rythmique dans la souplesse. Je ne suis pas sur des options de métronome. J’aime quand ça fluctue.
 

l’humanité hebdo du  15 septembre 2002

Résister, disent ils

Un concert avec beaucoup de surprises et de nouveautés de la part de ce groupe toulousain d’artistes citoyens, qui refusent la morosité et la fatalité

« Motivés, motivés. Il faut rester motivés… ». Il est aujourd’hui assuré que ce refrain, inséré dans un des plus beaux chants de résistance, celui des Partisans, sans en changer ni le sens, ni l’histoire, en y donnant même un tonus nouveau, sera scandé par des dizaines de milliers de voix rassemblées sur l’immense pelouse de la fête de l’huma. Un refrain sans cesse repris dans les rues des villes de France lors des récentes manifestations du 1er mai contre la poussée de l’extrême droite.
Présents dimanche après-midi sur la grande scène de la Courneuve, les dix chanteurs et musiciens du groupe Motivés interpréteront bien sûr des œuvres qui, depuis cinq ans et la sortie d’un célèbre CD, vivent une nouvelle jeunesse. Onze chants de lutte et d’espoir dont Bandiera rossa, le temps des cerises, Nicaraguita, la butte rouge, el paso del ebro, Nekwni s’warrach n’lezzayer…que les trois chanteurs, Moustapha, Akim, Magyd, du groupe Zebda, associés à d’autres interprètes et musiciens toulousains, ont su judicieusement remettre au goût du jour. Au plus prés, aussi, des aspirations exprimées aujourd’hui dans les quartiers populaires, et pour lesquelles leurs engagements d’artistes citoyens n’ont jamais failli.
« Ces chansons des mots et des mélodies. Elles ont accompagnées dans la joie les terribles batailles d’hier, et elles restent des hymnes de référence pour les combats d’aujourd’hui et de demain », écrivent ils dans un texte emblématique de l’association Tactikollectif, ainsi nommée parce qu’ils ne se réfèrent qu’à une seule tactique, le collectif .A tous ces chants de résistance, les Motivés en joindront beaucoup d’autres, des surprises, pour créer l’événement ce dimanche après midi de septembre au parc de la Courneuve.
                                                                                                                           Alain Raynal