Trois questions à … Mustapha Amokrane

 (Journal Le Monde avril 2002)

    

 

1- En marge de Zebda, vous et votre frère Hakim participez à 100 % Collègues. Quelle est la fonction de ce projet parallèle ?

Sa création date de 1993. A force de se croiser sur les scènes de Toulouse et de sa région, nous sommes devenus amis avec le guitariste, auteur et compositeur Bernardo Sandoval, le guitariste Serge Lopez, le guitariste de Fly and the tox, Marc Dechaumont, le contrebassiste Philippe Dutheil, l’accordéoniste Jean-Luc Amestoy, le percussionniste Pascal Rollando. Avant ou après nos concerts, nous aimions « taper un bœuf ». Cela nous a donné envie d’organiser des soirées, puis des concerts. Nous avançons concert par concert, disque par disque, sans aucune pression du business- les disques (100 % Collègues- live, 1996 ; 100 % Collègues, 2000) sont produits et distribués par notre association, Tactikollectif- avec le plaisir comme seule règle. La scène est l’élément central et fondateur de 100 % Collègues. A nous tous, à travers nos différents groupes et expériences, nous devons totaliser prés de 10 000 concerts.

2- Le groupe a-t-il aussi une dimension politique ?

Avec Zebda, nous avons une exigence politique forte et offensive. Avec 100 % Collègues, nous nous dégageons de cette responsabilité. Notre message politique est implicite, c’est celui d’un humanisme festif. Nous nous retrouvons dans cette idée de fête universelle qui, sans être sacralisée, signifie que tout le monde porte en soi la possibilité de partager. Ce qui nous réunit, c’est cette gouaille toulousaine et cette culture d’enfants de l’immigration espagnole et kabyle.

3- Quel lien y a-t-il entre 100 % Collègues et la compilation de chants de lutte enregistrée en 97 sous le nom de « Motivés », avec le financement de la ligue communiste révolutionnaire ?

Les deux projets sont bien distincts, même si tous les membres de 100 % Collègues ont joué sur Motivés, rejoints par 7 ou 8 autres musiciens. Motivés s’est nourri de la dimension politique de Zebda et de la source artistique des Collègues. Le but était de s’approprier les chants de lutte de notre façon. La liste Motivé-e-s de la campagne municipale s’est appropriée le débat politique de la même manière.

Propos recueillis par Stéphane Davet